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World's Finest by Chris Egiziano on Grooveshark



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 Atterrissage forcé

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MessageSujet: Atterrissage forcé   Jeu 2 Avr - 13:57


Les rues défilent. Sur le siège passager, je regarde à travers la vitre la ville encore endormie. Le soleil se lève à peine, quelques voitures bien entretenues cavalent sur les autoroutes pour amener leurs conducteurs au travail. Les premiers rayons solaires frôlent Gotham, offrant un panorama urbain exceptionnel : les buildings rougissent et les maisons s'imprègnent de la douce lumière de l'aube. Des couleurs rares dans cette cité. Je me laisse à contempler ce qui marque le début d'un nouveau jour.
À côté de moi, Mélanie nous emmène chez notre père, du moins ce qu'il en est. Elle veut être sûre de ce que je dis et je ne peux pas lui en vouloir. Après tout, qui ne se méfierait pas d'une inconnue prétendant être sa sœur ? Je me demande quelle va être sa réaction. Depuis notre rencontre, mon angoisse est passée pour laisser place à un je m'en foutisme dû à la fatigue. Elle ne m'a pas tué ou torturé, donc a priori, elle suppute que mon histoire semble vraisemblable et peut-être que la mort de son père la réjouit, qui sait ? De toute façon, mon raisonnement est de plus en plus flou. Je suis crevée, mais je combats le sommeil en admirant l'arrivée du soleil sur Gotham, un moment oublié et pourtant si beau.

Plus tôt dans la nuit, après notre échappée rocambolesque et la tombée des masques, nous avons fait un petit détour dans un garage pour repeindre ma voiture, histoire de passer incognito. Ainsi, ma mustang est devenu bleu aux bandes blanches avec une vitre arrière toute neuve. Les mécaniciens du garage me connaissent bien et ferme les yeux sur mes demandes si leurs pattes sont suffisamment graissées, bien évidemment.

Longue journée. Et pas encore finie. Mes yeux se ferment contre ma volonté, ma tête s'appuie de plus en plus contre la vitre en plexiglas puis, mon bras tombe doucement sur mes cuisses. La bouche ouverte, les démons du sommeil m'enlacent. Soudain, un mouvement violent de la voiture me fait sursauter. Je regarde la route, nous sommes sur la mauvaise voie et un véhicule fonce droit sur nous ! Avec un sang-froid et des réflexes impressionnants, Mélanie braque violemment le volant. La mustang obéit aux doigt et à l'œil, ainsi nous nous retrouvons sur la bonne voie évitant la collision néfaste de peu. Cette embardée vertigineuse nous a paniqué toutes les deux. Alors, je constate que Mélanie sert le volant d'une poigne de fer, tellement que le volant se tord sous sa force !

-Hey ma voiture ! dis-je d'une voix moqueuse et en même temps impressionnée.

Mélanie observe le volant puis m'observe brièvement avec un regard de surprise totale. Je souris :

-Je conduirais au retour pour la peine.

J'hésite à parler de mon meurtre de notre père. Mélanie le connaissait sûrement mieux que moi. Moi, je ne l'ai vue qu'une seule fois, est-ce suffisant pour apprendre la personnalité de quelqu'un ? Il faut que j'assume ce que j'ai commis et s'exprimer est un des meilleurs moyens, selon mon ancien directeur Fognini. Moi, Kestrel, ai tué mon père. Je tourne la tête et m'adresse à Mélanie :

-Tu n'es pas obligée de me croire, mais je sais ce que j'ai fait et pourquoi. Ce n'est qu'après l'avoir tué que j'ai appris ton existence. En fait, je ne pensais pas qu'un homme comme lui pourrait être marié. Il a parlé de toi, hum, pas dans de très bons termes. Pour faire soft.


Dernière édition par Kestrel Brown le Sam 4 Avr - 18:11, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Atterrissage forcé   Sam 4 Avr - 16:31


J'ai mal, je ne sais pas pourquoi, mais tel est le cas. Pour une raison inconnue, ma tête commence à tourner, des millions d'étincelles apparaissent aussi vite qu'elles ne disparaissent devant mes yeux. J'ai l'impression d'assister à un feu d'artifice monochromatique. La bouche sèche, presque pâteuse, je lutte pour garder le contrôle de la voiture. Kestrel ne le voit pas mais tout mon corps bat la chamade. Un moment de faiblesse me fait dévier de ma trajectoire, heureusement pour nous, j'ai malgré tout quelques bons réflexes et j'évite de peu une violente collision.

Les tambours de guerre frappent mon crâne dans une hargne sans précédent, comme si j'allais enfanter Athéna... Oui, la légende raconte qu'elle serait née en s'extirpant de Zeus à travers son crâne rapport à son statue de déesse de l'intelligence. Mais pour moi tout cela est bien réel. Le haut de mon crâne semble sur le point d'exploser. Je crois avoir déjà lu l'article d'un confrère expliquant les différentes zones du cerveau. Dans mon cas, ce serait, si je me souviens bien, la région motrice qui fait des siennes. Et je crois bien avoir vu juste. Après le shaker, voilà que mes muscles se contractent indépendamment de ma volonté. Je n'ai pas le temps d'y faire attention, mes yeux sont rivés sur les lignes des voies.

Une remarque de ma soi-disant demi-sœur me permet de me rendre compte d'une chose hallucinante, incroyable et totalement incompréhensible : le volant s'est complètement distordu sous mes mains. Je regarde Kestrel avec de grands yeux avant de me concentrer sur la direction à prendre.
Elle parle de notre père, de comment il lui a parlé de moi et qu'elle l'a tuée. Mais je n'entends qu'un fort bourdonnement. Ses paroles sont comme cryptées et je n'entends qu'un mot sur deux. Le silence revient, s'installe, on entend que le ronronnement du moteur et...

Je freine sec déclenchant les klaxons et les injures d'automobilistes derrière nous. Me gare mal sur le bas-côté, jamais je ne m'étais garée comme cela, et sors de la voiture comme une trombe. Mes jambes bougent toutes seules vers la première poubelle que je vois. J'attrape son rebord métallique qui se plie sous mon contact.


-Beeuuurk. Pouah ! Fait chi.. Beuuuurk. Aaah. Aaah. Mais bordel qu'est-ce qui m'arrive...
À toi de conduire.


Kestrel me jette une petite bouteille d'eau cachée dans son coffre. J'utilise les trois-quarts avant de me diriger vers la place passager. Comme d'habitude, j'attrape la poignet et tire, mais cette dernière s'arrache et reste entre mes mains. Les yeux écarquillés, la bouche bée, je reste comme une conne sur le trottoir avec l'objet toujours dans les mains.

-Dé.. désolé ? Tu.. tu peux m'ouvrir s'il te plait ?

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Melanie Brown
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Dernière édition par Melanie Brown le Dim 5 Avr - 1:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Atterrissage forcé   Sam 4 Avr - 22:38


Je m'installe dans le siège du conducteur face au volant légèrement déformé, je constate les dégâts. Et bien, je ne sais pas ce qui lui arrive mais une chose est sûre, elle n'est pas au meilleur de sa forme. Rapide regard pour vérifier si la route est dégagée. Sur le chemin de mon regard, je vois Mélanie qui tente d'ouvrir la portière. Tenter est le bon terme car, en tirant sur la poignée celle-ci s'arrache de la voiture au lieu d'ouvrir la portière. Pâle et penaude, Mélanie me demande de l'aider. Incroyable. Qu'est-ce qui lui arrive ? C'est comme si une force herculéenne émane de ses actions : malade, elle contorsionne et arrache des objets pourtant résistants pour un simple humain ! J'espère qu'elle va vite se rétablir, et au passage si elle peut arrêter de démonter ma voiture... Je me penche pour lui ouvrir la porte. Mélanie s'installe comme elle peut. Je la fixe bizarrement. Je fais la mère-poule ou pas ? Résolument non. Aucune plaie saignante, pas d'hématome apparent, plus un souci dans la tête peut-être ? Plongée dans ma réflexion, je sors de la boîte à gant mes lunettes de soleil. Je range mes loupiotes de mission dans le sac à l'arrière et juche sur mon nez la paire de verres teintés.

- T'inquiètes, ça commence toujours comme ça Alzheimer. J'ai pu le constater durant mes jobs dans des maisons de retraite. Ils défoncent leurs fauteuils roulants, dégomment toutes les poignées et arrachent les dentiers des autres. A coté de ça, les querelles de gangs c'est de la gnognote.

Mon humour semble faire effet. J'embraye et prend le chemin de Park Avenue.

-Bon, on va toujours à Park Avenue ? Tu... vas tenir ? Y'a d'autres bouteilles d'eau sur la banquette arrière, sers-toi.

Les rues s'enchaînent, le soleil du matin nous éblouit. J'abaisse ma vitre pour laisser rentrer l'air frais en escomptant prodiguer un quelconque bienfait à Mélanie. Soudain, mon portable vibre. Étrange, un message à cette heure-là. Impossible que ce soit un de mes indics, ils sont en train de dormir. Puis, creusant la réflexion, je comprends qui est réveillé à ce moment de la journée : le vieux Fognini. Un feu rouge nous arrête, je regarde le message :

"Viens dès que tu peux"

Putain, qu'est-ce qu'il me veut celui-là ? Dans l'immédiat, ce n'est pas possible car j'espère finir ma première rencontre avec ma demi-sœur sans accro, et même mieux, en lui faisant comprendre que je suis réellement sa demi-sœur. Puis il faut que repasse à mon QG. Je tape :

"Dans l'aprem ou le soir"

Feu vert, je redémarre. Nous sommes enfin sur Park Avenue. Je serre le volant en apercevant la maison au 42 Park Avenue. Je me gare du côté impair et coupe le contact. Je jette un coup d'œil vif à la maison, elle n'a pas spécialement changé en deux ans. Je croise les bras et prend un air boudeur.

- Je ne retourne pas là-bas.

Silence. Je décide de fermer ma gueule et de laisser Mélanie faire ce qu'elle a à faire.
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MessageSujet: Re: Atterrissage forcé   Dim 5 Avr - 1:11


-Tu sais, écrire un sms tout en conduisant est interdit par la loi.

Moi aussi, je peux faire de l'humour. Bancal et pas très relevé certes, mais de l'humour quand même. Le soleil colore le ciel d'un rouge profond tacheté d'orange tandis que le bolide roule en direction de mon ancien chez moi. Jamais je ne pensais y remettre les pieds. Merde alors, la vie joue parfois de drôle de tour. Kestrel se gare sur le trottoir opposé, je ne la regarde pas. Mes yeux sont rivés sur mon ancienne demeure. Elle n'a pas changé, toujours aussi piètre allure. Des herbes s'infiltrent entre les marches, la peinture des volets et de la façade se craquelle inlassablement. D'ici, je peux voir ma chambre. Celle d'en haut à gauche, de nombreux souvenirs me reviennent en mémoire : les histoires que me racontait ma mère avant de me coucher, mes rares pyjamas partis, mon journal secret qui n'est plus que cendres.
J'ouvre la porte, Kestrel ne viendra pas. Tant pis... Tant mieux... Peu m'importe. Je traverse la rue déserte, une petite vieille m'observe à travers la fenêtre de sa maison. Toujours là à espionner et inventer de nouveaux ragots... Je lui fais un doigt d'honneur. Jamais pu la becter cette vieille peau.

Tout en me rapprochant, je me sens patraque. Pas à cause d'un quelconque mal de crâne ou des vertiges, mais un mauvais sentiment. Une boule au creux de mon estomac se forme. J'hésite à franchir le perron. Première marche, je regarde en arrière, la douleur des baffes refait surface. Deuxième marche, une goutte de peur coule le long de mon cou, le claquement de la ceinture percute mes tympans. Troisième marche, je n'ose appuyer sur la sonnette, les cris de ma mère me reviennent.

DIING... DROONG.

Toujours le même son horripilant, elle n'a pas été changée depuis ma fuite. Derrière la porte, j'entends des voix étouffées. Maman ? Un sourire se dessine au coin de mon visage tandis que la porte s'ouvre doucement. Tandis que l'entrebâillement s'agrandit, la silhouette qui s'en dégage est bien trop petite. Les cheveux blonds, les yeux bleus, une petite fille d'une dizaine d'années se tient devant moi.


-Bonjour.
-Heu... Bonjour... heu. Tes parents sont là ?
-Voui. Papaaaaaaaaaaa ! C'pour toi ! Papaaaaaaaaaaa !!
Et elle disparait tout comme elle est arrivée. Une apparition du passé, une image de moi d'avant. Je sens les larmes pointer. L'homme arrive et je les ravale tant bien que mal.
-Ouai, c'pour quoi ?
-Désolé de vous, heu, déranger. Mais je suis Mlle Brown et c'est ici qu'habite mon père... Enfin... la dernière fois que je lui ai parlé.
-Brown ? ... Mademoiselle, je... c'est moi qui suis désolé... mais votre père n'est plus ici. Il... Comment dire... Il a été assassiné. Toutes mes condolé... Pourquoi souriez-vous ?
-Ahah... AHAHAHAHAH. Désolé du dérangement et bonne journée. AHAHAHAHAH

Tout est fini, fini pour de bon. Je redescends les marches le cœur léger, le sourire aux lèvres et me dirige vers la voiture. Toutes mes mauvaises années se sont envolées, ma mère n'étant pas là, j'imagine qu'elle a eu le courage de s'enfuir elle aussi. Toute la colère, cette haine contre lui a enfin disparue. Je me sens bien dans mes pompes, comme un poisson dans l'eau.
Je toque à la fenêtre qui se fêle sans aucune raison. Kestrel ouvre et j'entre.


-Bonjour Sœurette.

______________________


Melanie Brown
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MessageSujet: Re: Atterrissage forcé   Sam 11 Avr - 15:43




[hrp: rp-skype].

-Trois pancakes s'il vous plaît.

-Heuuu, pour moi ça sera... Bacon, œuf, salade de fruit. Merci.

-Alors, pas trop déçue de son décès ?

-Déçue ? Comment tu peux croire ça ?

-C'était un si gros salaud ? (sourire au coin des lèvres)

-Un si gros salaud... Ahah, encore pire. T'imagines même pas. J'aurais préféré être à ta place, croies-moi.

-Tsss, si on joue au jeu des comparaisons, je pense que nos scores sont assez élevés, mais je ne sais pas qui gagne. L'orphelinat qui m'a accueilli est en faillite constante, moi et les autres enfants étions obligés de mandier pour pouvoir manger le soir. Vie de merde hein ? Mais ça avait ses côtés positifs ; bonne connaissance de la ville, des gangs, des gens faciles à voler. La police en avait marre de nous ! Haha, merci (#la serveuse avec mes pancakes)

-Merci (#serveuse encore). Pas cool en effet, au moins, tu savais quoi faire pour manger. (#j'arrache d'un coup de dent un morceau de bacon). Pour moi, cheu devais être parfaite chelon ches critères: ne chamais pleurer après une remise en règle, chon verre touchours plein, ne chamais m'opposer quoi. (#j'avale le bacon). Au final, il a pourri nos enfances, alors qu'il moisisse dans une décharge, l'alcool ou six pieds sous terre. Pour ce que j'en ai à foutre... Je devrais même te remercier. Tiens, pour la peine, c'est moi qui offre.

-(Yeux de velours, j'intercepte une serveuse random) Un milkshake framboise s'il vous plaît. (me retourne vers Mel) Quoi ? J'adore la framboise, c'est tout. Un vrai connard en fait. Et une vraie prison pour toi, j'te plains ma poulette. Du coup, avec cette image du paternel, t'as sûrement un petit copain bien sage et soumis, non ? Enfin, si t'en as un.

-J'offre, mais abuse pas quand même, j'roule pas sur l'or comme tu dois t'en douter ahah. Et pour être franche avec toi Poulette. Je suis de l'autre bord si tu préfères, et j'dois dire que t'es pas mal roulée non plus. Tu dois en faire tourner des têtes avoues (dis-je tout en faisant tourner ma fourchette en la pointant).

-Mmmh, dommage qu'on soit soeur. Bah, rien de très constant dans mes relations, beaucoup de pics éphémères sans valeur sentimentale. De toute façon, ce n'est pas fondé une famille qui m'intéresse. Moi, je veux chasser du gros gibier, les étouffer avec leurs billets. Et ça, ça me fait gémir. (Grosse bouchée de pancake)

-Et bah ma cocotte, tu rechignes pas sur les mots. J'imagine que c'est leur fric qui te fait vibrer, chacun son truc faut croire.
Et sinon, tu fais quoi dans la vie ?


-Détective privé. Tiens, ma carte. (pose ma carte pro sur la table)

-Détective.... ahahah, quel job de merde. Ahahah, désolé désolé. T'as pas pu trouver mieux ?

- Je fais ce que je peux ! Ne me blâme pas. Et toi, GNCN c'est ça ?

-C'est ça, mais j'crois qu'ils vont me virer. J'ai envoyé chier le Big Boss hier après qu'il m'ait appelé cocotte. Je déteste les mecs et par-dessus tout les machos. Lui, il doit détester la marque de ma main sur sa gueule. Ahah. Tant pis, c'était une boite de merde. J'ai d'autres pistes bien plus lucratives.

-Moi, je suis bien avec mon boulot de merde. Indépendante, je travaille quand j'en ai envie. Je refuse des clients quelque fois, parce que bon, les mémés qui te payent une fortune pour retrouver leur chat ça m'gave. Et ça ruine l'image de la profession. Tiens, j'vais peut-être adopter un chat. (mâche en rêvassant). Mh, 'scuse ch'ai oublié de te dire (déglutis), j'ai un petit apart' dans la banlieue Nord. Un chat, ça serait sympa non ? Histoire de tenir compagnie.

-Tu t'sens vraiment aussi seule ? Ça sert à rien à part prendre de ton temps. Y'en a des millions dans les rues. Autant nourrir ceux-là d'temps en temps et... Nan, mais on va pas parler d'chat ! J'suis pas un abruti gaga à la mort moi l'nœud comme tous ceux sur internet. T'as des projets en c'moment ?

-J'ai toujours un tas de projet, pour l'instant, il s'agit de me faire du fric en grande quantité. Ça te dit un braquage en famille ?

-Tchhhhh ! T'es sérieuse. On parle pas d'ça ici. Et puis, qu'est-ce qui me prouve que j'peux t'faire confiance ?

-Oh, c'est bon, qui veut nous écouter ici ? (médite)... Moi non plus je ne te fais pas confiance, mais, qu'on le veuille ou non, le lien du sang nous lie. C'est la première fois....

-Le lien du sang, le lien du sang. D'nos jours des familles s'entre-tuent pour une poignée de croquettes. Et puis t'as vu notre père... Ça veut plus rien dire.

-Je m'en fous des autres, à Gotham tout est pourri de toute façon. Je sais que les familles s'entre-tuent, j'ai déjà commencé d'ailleurs, mais, j'ai l'impression qu'il y a comme un lien profond entre toi et moi. Si tu veux, en gage de ma bonne parole, je te présente une personne à laquelle je... Tiens, on va dire ça comme ça. Au passage, c'est la seule. 'Fin, peut-être les enfants aussi... Alors, ça te branche ? (grand sourire puis air sévère) Ce n'est pas un guet-apens.

-Je te crois, je te crois... Mais fait gaffe. Au premier écart, attitude suspecte, j'hésiterai pas à appuyer sur la gâchette. Si tu vois c'que j'veux dire sœurette. On est synchro' ?

(Tape dans mes mains frénétiquement) -J'adore quand tu m'appelles comme ça ! On est synchro'. Hé, va falloir qu'on apprenne à se faire confiance. J'dois le dire, c'est nouveau pour moi aussi, donc il y aura peut-être d'anciens réflexes de prudence... (sirote mon milkshake)

-J'ai envie de bouger... Tu m'passes les clefs ?.

-Hey, moins vite ma sœur. Incroyable, t'es pire que moi en fait, je parle, je parle et je passe pour une folle avec mes chats et tout. Tsss, bon, aller let's go.

-Je vais au petit coin avant. (Sourire en coin, je me lève doucement, défroisse mon tee-shirt et me dirige tranquillement vers le lieu indiqué. Je regarde Kes' et lui fais un de ces sourires. Un sourire voulant tout dire, espiègle, malicieux et effroyablement enfantin. Majeur et index tendu, les autres repliés, je lui dis adieu dans un dévouement total avant de m'engouffrer à travers la porte de sortie).

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Dernière édition par Melanie Brown le Lun 13 Avr - 10:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Atterrissage forcé   Dim 12 Avr - 21:34


Continuant à siroter mon milkshake, j’applaudis intérieurement l’ingéniosité d’esprit de ma demi-sœur, celle-ci se pavane en s’en allant vers le parking. Je marmonne dans ma paille :

-Tsss. Tu ne vas pas t’en sortir comme ça.

Le matin avance, l’horloge du restaurant indique huit heures. La clientèle se multiplie, les travailleurs affluent pour prendre un café ou une boîte de donut. Je m’installe un peu plus confortablement dans mon boxe et regarde avec plus de concentration autour de moi. En face de moi, la salle avec la porte d’entrée à quelques mètres sur la droite, des tables et des boxes jusqu’au long bar à gauche où la caisse trône, puis derrière moi deux boxes et les toilettes au fond. À côté de ma table, un jeune homme seul, qui porte une barbe de trois jours et une cravate mal serrée. Les yeux bouffis, il prend son café en regardant vers le parking à travers l’immense baie vitrée du restaurant. Sa veste traîne négligemment sur le siège en face de lui. Potentiellement, un portefeuille ici. Proche de l’entrée, une famille en voyage prend un petit-déjeuner gargantuesque, les personnes à proximité s’empêchent de révulser leur œuf-bacon du matin lorsqu’ils les regardent manger. Droit devant moi, tout au bout du restaurant, un groupe d’hommes, une vingtaine, tous biens bâtis. Des ouvriers sûrement. Sinon, éparpillés dans la pièce, des camionneurs plongés dans les informations du trafic routier sur le grand écran au-dessus du bar.

Un plan se dessine dans ma tête, mais il faut que je me dépêche. Comme durant mon enfance, il va falloir jouer la comédie avec talent. Je sors un gros billet, me lève et vais vers la caisse. Une serveuse m’y attend.

-Bonjour, vous souhaitez régler ? Restez à votre place, j’arrive tout de…

-Bonjour, excusez-moi mais je n’ai pas la monnaie pour payer.

Je lui tends le billet, alors elle constate qu’en effet, je ne vais jamais laisser autant de pourboire et l’encaisse.

-Tenez Madame et bonne journée.

Je lui donne un pourboire et lui sers un large sourire.

-Mademoiselle s’il vous plaît, au revoir.

Je repars d’un pas pressé en direction des toilettes, en passant devant le jeune homme, je lui adresse un clin d’œil coquin, voire gourmand. Je rentre dans les toilettes, elles sont petites ; deux cabines, deux lavabos et une haute fenêtre. Enfin seule, j’ouvre ma redingote et cherche mes réserves de munitions ou autres. Dans la poche intérieure de mon manteau, je trouve une bombe fumigène et dans une poche au niveau de ma cuisse, je sors des munitions de taser. Je programme la bombe pour qu’elle explose dans vingt secondes. Je me précipite sur le lavabo, me hisse dessus et jette mon regard à travers la fenêtre. Je vois que le parking est juste à côté, sans plus attendre, j’active le compte à rebours et balance de toutes mes forces la bombe vers le parking.

Puis, je descends du lavabo et tombe nez à nez avec le jeune homme, qui vient d’entrer. Je suis surprise, il a de l’audace en fait. Là, devant moi, il me sourit et me dit bonjour. Plutôt beau, un air timide plein de tendresse.

15… 14…

D’un coup d’un geste, je l’embrasse exagérément, langoureusement. Passé l’étonnement, il se prend au jeu, m’attrape la taille et donne un élan nouveau au baiser. Moi, j’attrape une munition de taser, cinq centimètres de longueur et très fine, cette munition ressemble à une grosse épingle contenant une batterie qui lâche ses volts quand la base se tourne. Je plante la pointe, trois centimètres sous la peau, dans son dos d’un coup sec, l’homme lâche un cri étouffé. Je m’éloigne de lui, pose mon index sur ses lèvres.

-Chhuuut.

En vérifiant qu’on ne se touche pas, je retire mon doigt de sa bouche et tourne la base de l’aiguille paralysante de mon autre main. Pendant que l’électricité circule dans son corps, le jeune homme a quelques spasmes, puis s’écroule par terre. Je récupère ma munition et la range lorsque j’entends venant de l'extérieur :

Psshhhhhh…. Boom !

J’attends deux secondes après la légère explosion et sors des toilettes en claquant violemment la porte. Telle une chanteuse d’opéra, je crie dans le restaurant sur un air dramatique :

-OH MON DIEU ! Une voiture brûle sur le parking !

La panique commence, les gens se lèvent, regardent puis se déplacent pour vérifier si ce n’est pas leur voiture. Mais, la fumée est opaque et de plus en plus de clients sortent du restaurant. Toute l’attention est dirigée vers l’extérieur. Je cours vers le groupe d’ouvriers et leur demande expressément :

-J’ai une amie qui est coincée sur le parking ! Vite aidez-moi ! Elle est là-bas !

Je pointe un endroit au hasard dans la fumée. La panique devient générale, tout le monde est dehors. Maintenant que je suis sûre que personne ne m’observe, je me dirige vers la caisse. Je me demande quelle tête va faire Mélanie. J’assure à max. Je répète le code que j’ai pu apercevoir tout à l’heure. Mais, la caisse ne s’ouvre pas. Je recommence, toujours pas.

-Crotte… Il doit y avoir une sécurité supplémentaire.

J’abandonne le bar, déçue, et me rabats sur la veste du jeune homme. Le portefeuille dépasse, je m’en saisis et sors rapidement par la porte d’entrée. Sur le chemin, je récupère un chapeau et une paire de lunettes de soleil sur deux tables différentes. La fumée se dissipe petit à petit, les incompréhensions se lisent sur les visages. Les ouvriers reviennent finir leurs repas en me jetant un regard haineux au passage. Mélanie a dû les envoyer bouler. J’arrive en face de la mustang, dans le portefeuille une jolie liasse de billets, un tas de cartes et de tickets. J’agrippe la liasse et jette le reste.

Assise sur le siège passager, coiffée de mon nouveau chapeau ainsi que des lunettes et m’éventant avec les billets verts fraîchement gagnés, je dis à Mélanie :

-Ne refais ja-mais ça.

Je penche ma tête pour pouvoir la regarder par-dessus mes lunettes.

-C’est beaucoup trop à mon avantage.

Assez contente de moi, je range ma nouvelle fortune et accroche ma ceinture.

-Oh zut, j’ai oublié mon milkshake. Tant pis. Ah oui, l’orphelinat, c’est vers les docks.
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MessageSujet: Re: Atterrissage forcé   Lun 13 Avr - 11:55




À quoi elle joue bon sang ? Place conductrice, je la vois parler avec la caissière et se diriger vers la porte de sortie. Cependant, personne ne surgit sur le parking. Personne ne se dirige dans ma direction. Elle a tout simplement disparu comme par enchantement. Là ! De la fenêtre des toilettes. Qu'est-ce qu'elle ? ...

-C'est quoi ? Une petite... bom- !!

Je m'affale d'un seul coup dans le fauteuil et attrape les clefs. Prise de court, le cœur battant, je n'arrive pas à saisir le timing et m'y essaye à trois fois. Une goutte de sueur coule le long de ma joue. Ça coince encore, je force sur le démarreur et appuie sur la pédale. La vitesse passe, j'avance bordel de m&#!! Quelle conne ! Je relève la tête, l'arsenal est à une poignée de mètres, plus mèche. La boule explose dans une détonation tonitruante libérant un panache de fumée. Rapidement submergée, elle rentre par ma fenêtre et je me noie à l'intérieur.

-Sérieuse- ! Kof !

Marche arrière, je sors le plus vite possible -du périmètre enfumé et de la voiture- C'est quoi son manège ? La pauvre a dû voir le diable, ce n'est pas possible sinon. J'ai encore l'odeur de la fumée coincée dans mes sinus et un goût chimique au fond de la gorge, coincé comme le chat. J'ai beau toussé, il est toujours là.

-Madame, ne bougez pas, on vient vous aider.
-Quoi ?
-C'est votre amie qui...
-Mais ça va très bien ! Cassez-vous Kof !kof !. Bordel de Kof kof.

....

Kestrel arrive en se pavoisant comme si de rien était. Elle jette un petit rectangle marron sur le sol. Foutez-moi la paix oui ! Une fois installée à côté et sa fausse morale débitée, je vois enfin la liasse. C'était bien un morlingue. Salopiote, elle s'est bien remboursée le brunch. Après tout, je ne vais pas la juger, j'suis la première à être sortie.


-Direction les docks. Le moteur ronronne doucement et nous nous éloignons du restorant. J'ai un peu le trac. Déjà que j'ai niqué le volant... J'espère qu'elle n'a pas encore remarqué. -Par contre c'est très bien que tu aies gagné de l'argent. Elle soulève un sourcil, intriguée. -Tu vas rigoler mais... (traduction: tu ne vas pas te fendre la poire, j'ai fait une connerie) ... J'ai tordu la clef dans le bidule. Ça fonctionne, mais on peut plus l'enlever. Ahah..

J'évite néanmoins de dire que le pédalier aussi a pris un petit coup. Même si des effets se ressentent légèrement dans la conduite plus saccadée.J'évite néanmoins de dire que le pédalier aussi a pris un petit coup. L'auto se déplace malgré tout vers le prochain lieu. Je me laisse guider par ma demi-sœur à travers Gotham. Ça fait du bien mine de rien. Dans ce matin, l'air est frais et peu de monde orne les rues. Peu à peu, on quitte un premier quartier pour se rapprocher de la jetée. Après quelques virages supplémentaires, on se retrouve devant une immense bâtisse, sinistre. Ce n'est pas son premier printemps et on le respire dès la première vue. La voiture garée, je sors et attends Kestrel.

-À toi l'honneur. Par contre... Les clefs... Tant pis, non ?







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MessageSujet: Re: Atterrissage forcé   Mer 15 Avr - 13:47

 

-Qu'est-ce que tu as encore cassé ?

Là, j'admire les dégâts au niveau du contact, ne pouvant m'en empêcher, je touche puis essaye de retirer la clef mais, le bout de fer ne bouge pas coincé comme il est. Un air blasé me monte à la tête, je me tais. À vrai dire, je commence à m'habituer à sa maladresse herculéenne et... à son caractère assez fermé finalement. Moi, je veux lui prouver quelque chose, je ne sais pas quoi et pourtant, j'en ai très envie. Surement pour cela que je l'emmène à l'orphelinat, après son lieu d'enfance au tour du mien. Ce n'est pas plus mal, on apprend à se connaître, on se teste et ça me réjouit. Je pense que l'on va garder contact toutes les deux.

La voiture slalome les pâtés d'immeubles et les camions industriels jusqu'au port de Gotham, immense arsenal où se déversent tous les jours des milliers de conteneurs qui alimentent toute la cité en aliments, fournitures, équipements, armements... On longe le front de mer, les paquebots de la taille d'un immeuble de huit étages nous dominent puis s'éloignent au fur à mesure de la courbure de notre trajet. Revenant vers les habitations, on finit après quelques minutes par se garer devant l'orphelinat. Celui-ci est un vieux monument datant du 19éme, vieilles pierres, vieilles fenêtres, vieilles cheminées en brique, le bâtiment transpire le vieux. Pas de grille, pas vraiment de jardin, seul un bout de pelouse devant l'entrée et un porche. L'établissement est sobre malgré quelques détails discrets, gargouilles aux coins du toit et grandes fenêtres en verre, qui marquent son ancienne bourgeoisie.

Je sors du véhicule et m'appuie sur le capot.

-Eh bien, voilà mon ancien chez moi. Prépare tes oreilles hihi.

Je m'avance pesamment vers l'entrée. Un coup de sifflet retentit, court et strident. Aussi flagrant, ça doit être les plus petits. Arrivées sous le porche, je sonne. Des cris étouffés traversent la porte, puis celle-ci s'ouvre pour laisser apparaître une gouvernante rondelette et potelée, à l'air sévère.

-Oh, Kess... Souhaites-tu voir Mr Fognini ?

-Oui, juste préviens-le, on le rejoindra dans son bureau.

-.... Très bien.

Et la servante s'en va vers la gauche en dévisageant goulument Mélanie, comme l'on regarde un étranger qui ne retrouve pas son pays.

-Elle est nouvelle, que je glisse à Mélanie.

J'entre quand soudain l'escalier se met à gronder. En face de nous, les bambins le dévalent à toute vitesse en criant n'importe quoi, mon nom ressort de temps en temps. Mais, tout comme moi, ils connaissent les règles strictes de l'établissement et ils s'arrêtent nets au pied de l'escalier et fixent anxieusement une porte à notre gauche. Les enfants piaillent en chuchotant entre eux lorsqu'un à le courage de parler plus fort :

-Kess ! T'as des trucs pour nous ?!

-Mais bien sûr, mes loulous !

Je vais vers eux, au milieu du hall, je lance mon chapeau volé ainsi que les lunettes.

-C'est pour vous !

-Ouaaaiiis !!

En cet instant, le défi que représente la récupération du chapeau et des lunettes est si colossal que les gamins en oublient les règles et se ruent vers les objets. Je m'accroupis pour prendre dans mes bras les plus petits, ceux qui manquent d'affection en premier, les plus hardis ensuite.

-Ça va toi ? Ooh, il est joli ! Tu veux me le donner ? Merci ! Hepepep, ça c'est à moi, p'tite canaille ! Tiens, Tom, ça fait un bail.

-C'est qui qui est avec toi Kesss ?

Après s'être rapproché difficilement de moi, Tom pose cette question avec son air flegmatique habituel qui cache souvent une grande curiosité, je lui souris.

-C'est Mélanie, une grande fille qui fait les mêmes bêtises que nous. Mais, chuut, c'est un secret d'accord ?

-Oui ! répondent les enfants en cœur et ils se tournent vers ma demi-sœur, t'as des trucs pour nous Mélanie ?

-Hé, t'as pas oublié quelque chose là ?

-Ah oui, bonjouur !!

Je me relève. Les gamins sont dans un bon état d'excitation, car ils transgressent les règles, ils le savent et en profitent pleinement. Je m'adresse à Mélanie :

-Ce sont les plus petits, une vingtaine en tout. Ils logent au premier étage.

Dans un tourbillon de rubans, la gouvernante revient au pas de course, le visage rouge.

-Vous n'avez pas le droit d'être ici les enfants ! Aller zou, on remonte !

Les gamins rigolent et s'éparpillent dans le hall en courant, planant ou se chamaillant. La gouvernante les poursuit, en attrape un ou deux pour les amener à l'escalier puis repart à la chasse tandis que les enfants rappelés à l'ordre se remettent à jouer. Les plus timides, ou les plus anciens, se placent sagement derrière les barreaux des escaliers, prêts à esquiver la foudre. Et en effet, ce qui devait arriva, la porte de gauche claque et un homme penché sur sa canne en bois, costar noir, crâne quelque peu dégarni, traits ridés et regard perçant. D'une voix tonitruante, il lâche une coulée de mots qui pétrifient de peur tous les enfants :

-Déguerpissez de ce hall bandes de troufions vertébrés avant que j'vous jette depuis la tour du phare pour y rejoindre les autres qui m'ont désobéi !

En deux secondes, ils ont tous disparus. Le vieux pointe ses yeux d'acier sur nous.

-Bah tiens, il fallait bien un trouble-fête pour qu'ils désobéissent ainsi. Merci Maria, hum, enlevez du menu de la semaine les liégeois choco-banane. Ce sera leur punition pour cet affront.

-Oui Monsieur le directeur.

La servante essoufflée se retire en nous jetant des regards assassins.

-Comment vas-tu mon canard ? Et qui donc est cette magnifique personne avec toi ?

-Les liégeois choco-banane ? J't'ai connu plus dur.

-Mon cœur se ramollit devant les plus jeunes.

-Voici Mélanie, ma demi-sœur.

-Bonjour Mademoiselle. Ooh, mais alors, vous aviez le même père ? Ah ça promet. Venez, venez, on va discuter autour d'un cognac.

L'esprit vif et le corps svelte, le directeur de l'orphelinat, Mr Fognini, nous invite dans son bureau d'un geste du bras. Du haut de son un mètre quatre-vingt dix, légèrement de travers à cause de sa jambe paralysé, il nous toise de son regard perçant.


Dernière édition par Kestrel Brown le Mer 15 Avr - 23:47, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Atterrissage forcé   Mer 15 Avr - 20:31




Pour un accueil, j'vous décris pas la tronche. Aussi chaleureux que la devanture elle-même. J'suis obligée d'étouffer maladroitement une petite crise de rire. Ça ne doit pas déconner tous les jours par ici. D'autant plus à l'intérieur. Les murs sont quasiment tous abîmés d'une manière ou d'une autre -graffiti, tâches, fissures- et leur couleur a délavé depuis un paquet d'années. Pour un orphelinat, je trouvais l'ambiance calme. Ensuite, j'ai vu : un flot innombrable d'enfants se déverser à travers les escaliers. S'abstenir quelques instants avant le coup de sifflet ouvrant les hostilités. Et là, le déluge survint, assaillie de toute part, je me fais bousculer, les petits me tirent sur le pantalon, les grands tournent autour, les questions pleuvent, je suis perdue. Ma bouche débute des réponses jamais finies et je ne sais plus où donner de la tête. Kess est occupée et la nounou court dans tous les sens à la merci des garnements jouant avec elle.

-Aie... Qui m'a pin...

Je suis sur le point d'imploser quand une voix sortie de nulle part ramène tout en ordre. Comme Moïse séparant les eaux, il frappe sa canne contre le sol et fait disparaître tous les bambins. Plutôt efficace. On entre dans son bureau, sobre, l'essentiel ni plus ni moins. On s'installe, pas vraiment confortable, et il se traine jusqu'à son fauteuil. Il entame la discution avec Kestrel tandis que je le regarde servir les trois verres. J'accepte le mien et trempe le bout des lèvres, pouah. Après le petit déjeuné, y'a mieux quand même. Ils continuent de discuter entre eux tandis que je m'emmerde sec à côté. Finalement, Père Forognigni se tourne vers moi.

- Melanie, c'est bien ça ? J'acquiesce du menton. -D'où viens-tu exactement ?
-De Gotham.
-Bien entendu, et dans quelle branche travailles-tu ?
-Le journalisme d'investigation.
-Oh, intéressant et...
-Tututu. Ne tournons pas autour du pot. J'suis pas là pour taper la causette. J'ai sommeil, des courbatures dans les bras et les jambes et une petite migraine. Alors vous dîtes vite fait ce que vous voulez à ma... ma sœur et c'est mare. Je plaque mon dos contre la chaise, croise les mains et les pieds et attends. Ses yeux indiquent de la colère, mais sa bouche semble apprécier, d'un certain côté, ma remarque. Je ne sais pas vraiment comment le prendre, c'est flippant à vrai dire.
-Kess. J'ai besoin de ton aide sur le coup. Même mes quelques relations n'ont pas percé... Ou ne se sont pas donnée la peine. Enfin.. Voila, c'est Kenny. Il... il a eu les yeux plus gros que le ventre et il s'est fait chopper.
-La police ? Pourquoi est-ce que je demande, ce n'sont pas mes affaires.
-Malheureusement non. Il s'agit d'un gang montant dans le voisinnage.
-Et donc ? Et merde, voila que je suis intriguée.
-Il a réussi, je ne sais comment, à envoyer son lieu de rétention par sms. Ils veulent une rançon dans les 24 heures ou ils le butent. Kess, peux-tu m'aider ?
-Ah nan ! N'me regarde pas Kess. C'pas ma décision.


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MessageSujet: Re: Atterrissage forcé   Dim 19 Avr - 22:53


Assise sur une chaise devant le bureau d'ébène, Mr Fognini s'agite à sortir le cognac tandis que j'évoque des sujets divers internes à l'orphelinat.

-Euh, on va y aller mollo sur le cognac à 10h du matin, juste une goutte vraiment... Merci.

N'exagérons pas, le cognac est un spiritueux des plus exquis aux taux d'alcool proche des enfers. Tournoyant mon verre dans ma main, je reprends la discussion à propos de Tom en me demandant où se trouve sa sœur. D'après lui, elle se cache et disparaît de plus en plus, risquant d'influencer son frère. Il ne faut pas se voiler la face, des cas d'orphelins disparus ou suicidés sont recensés régulièrement, et cet orphelinat n'y échappe pas. Le dernier en date remonte à quatre ans, un jeune garçon d'une vingtaine d'années dont la tête était remplie de rêves détruits par son patron. Le dialogue continue et enraye sur la gouvernante péruvienne, Maria. Le directeur s'enflamme sur l'incapacité de la nouvelle servante à être autoritaire, puis la félicite pour son efficacité face aux tâches ménagères. Sa manière de critiquer m'exaspère, car il ne met jamais les mains dans le cambouis. Alors, je lui répète une énième fois de prendre part aux activités des enfants, et toujours aussi buté, il m'ignore et enchaîne sur les ainés et leurs jobs.

Enfin, son rapport détaillé de la vie de l'établissement se finit. À chaque fois que je le vois, c'est tout le temps la même chose : un cognac, une histoire sur l'orphelinat, et la vraie discussion peut commencer. Le directeur se tourne naturellement vers Mélanie, l'étudie rapidement et s'adresse à elle de façon directe. Je fronce les sourcils, le vieux me semble pressé, quelque chose le tracasse. Mélanie, égale à elle-même, stoppe l'enchaînement de questions qu'il lui fait subir, et étonnamment, le vieux ne relève pas ce manque flagrant de respect envers son statut. Au contraire, cela semble l'arranger, et il dirige son regard de nouveau sur moi.

-Kess. J'ai besoin de ton aide sur le coup. Même mes quelques relations n'ont pas percé... Ou ne se sont pas données la peine. Enfin.. Voilà, c'est Kenny. Il... il a eu les yeux plus gros que le ventre et il s'est fait chopper.

La police ?

-Malheureusement non. Il s'agit d'un gang montant dans le voisinage.

Et merde, ça craint. Ça pue même, et très fort. Ici, à proximité du port, les gangs ne manquent pas et ne sont pas du genre à compatir.

-Il a réussi, je ne sais comment, à envoyer son lieu de rétention par sms. Ils veulent une rançon dans les 24 heures ou ils le butent. Kess, peux-tu m'aider ?

Putain, une rançon ! Je m'imagine le sauvetage du petit. Intrusion, localisation, puis extraction en moins de 24 heures. Impossible à faire seule. Alors, je pose un regard de biche sur Mélanie qui refuse toute responsabilité dans cette affaire.  

-Bien sûr que je suis partante, mais je ne vais pas pouvoir y arriver seule.

Je me lève et, sous le choc, vide mon cognac d'une traite. La chaleur procurée par l'alcool m'amène à réfléchir un peu plus sur cette demande de rançon. Certains éléments ressortent avec un son bizarre. Sans le remarquer tout de suite, je me mets à penser à voix haute.

-Étrange. D'habitude, quand un enfant est enlevé, c'est une disparition quasi-instantanée, on ne sait rien ; ni où, ni qui. Les orphelins sont des proies de choix pour le marché noir des organes... Mais là, ils demandent une rançon, ça n'a pas de sens, ils savent très bien que l'orphelinat est pauvre...

Un éclair traverse mon esprit. Je fixe le vieux.

-Ils en veulent peut-être après toi.

-Moi ?

-Ou à l'orphelinat de manière générale.

-Je ne t'ai jamais caché les nombreuses offres de rachat que je reçois si souvent.

-Non, il s'agit d'un gang, ça ne colle pas. Bon, envoie-moi le sms de Kenny, on va te laisser. Il n'y a pas de temps à perdre. Tu viens sœurette ?
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