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World's Finest by Chris Egiziano on Grooveshark



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 L'indien du coin, la fleur du bout du monde (PV Rachel)

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MessageSujet: L'indien du coin, la fleur du bout du monde (PV Rachel)   Jeu 23 Avr - 0:05

La brume industrielle de la ville, apparemment absente, même les pics de pollution semblent inexistants dans cette ville du côté lumineux de la force, la brume sale et métallique de cette cité hyper-productive semble s'amasser dans ce quartier, faisant fi des lois les plus élémentaires de circulation des fluides. La ville est belle, heureuse, souriante à côté de sa ville-sœur, quartier chétif et abandonné, le bidonville comme disent certains. C'est à peine exagéré. L'extrême richesse côtoyant l'extrême pauvreté, voilà ce que l'Amérique lui avait montré, mais voilà tout, en tant que savant, il était du bon côté de la barrière ; il avait même besoin d'être du bon côté, les fonds étant le nerf de la guerre. Traversant cette apparente zone de guerre derrière la vitre rayée, ses pensées s'écartaient de l'objet de sa quête.

L'homme, identifiable à son épaisse chevelure blonde, un peu pataud dans son pardessus en cachemire, descend du bus. Le sol sous ses pieds semble se dérober. Le terrain lui-même est un obstacle, il est sidéré de ne pas trouver un mètre d'affilée de macadam en état de marche. Au milieu des ghettoblasters et des graffiti, il n'est pas dans son élément mais rien de dangereux. Personne ne lui adresse la parole, dans le fond est-ce bien différent de Metropolis ? Il voit le commerce, un petit Indien du coin qui fait épicerie de proximité et vend toutes sortes de choses.

"Bonsoir. Vous avez quelque chose qui m'intéresse."

Commerçant : "Va falloir être plus précis."

Client : "Eh, t'es pas tout seul."

Autre client : "Salut gros, t'as un souci ?"

"Eh, soyez polis. J'ai besoin de quelque chose, et le Monsieur a quelque chose qui m'intéresse."

Il pouvait avoir l'air stupide, de répéter la même chose deux fois. Cela pouvait être vu comme donnant du poids à son intervention. Ce n'était pas le but escompté. Non, Sven malgré son érudition était un natif étranger, et un homme socialement peu adapté. Il avait donc un vocabulaire et des inflexions lexicales peu développés. Les autres en tout cas, le regardaient comme s'il était un idiot et un être absurde. Il les regardait sans les voir, avec leurs modes qui ne lui ressemblaient pas, qui ne lui parlaient pas. C'était fou comme l'humanité s'empressait d'écraser ceux qui s'aventuraient sur un territoire donné. Il songea au monde animal, aussi impitoyable mais pourtant garant d'un certain équilibre. Aucune cruauté chez les animaux, de la peur parfois, mais ils apprenaient à jauger les importuns. Sven lui, n'était nullement effrayé par les badauds qui le rudoyaient un brin, trop à sa convenance ; mais ils ne le cernaient pas non plus. Il n'y a pas d'homme comme lui. Il le sait, mais cela ne suffit pas. Le savoir, le pouvoir forment un chemin qu'il est difficile de ne pas arpenter jusque dans la tombe, et tant qu'il n'aura pas connu d'obstacle infranchissable, le biochimiste trouvera moyen d'améliorer son capital.

Il faut admettre qu'il ne s'attendait pas à être bousculé, qu'il n'avait pas vraiment prévu comment atteindre l'objet de sa quête. Il avait simplement entendu des choses étranges auprès de confrères du centre hospitalier universitaire. Des réactions allergiques dans une zone ayant pour épicentre ce magasin. Il savait exactement ce dont il s'agissait, il en avait une idée précise, il espérait ne pas se tromper.

"Taisez-vous. Le patron, sa famille, ses employés et leurs remplaçants avant eux. De nombreux clients. Tous, malades. Il y a une fleur ici, pas vrai ? Une fleur vraiment spéciale, venue d'Inde."

Selon toute probabilité, celle-ci se trouvait dans le logement, dans un endroit privatif inaccessible des clients ou d'un simple employé par intérim. Il regarda le vendeur, un homme robuste à la peau mate et aux cheveux de geai, mais l'épiderme était terriblement irrité, les yeux gonflés. On pouvait presque voir des ganglions à l’œil nu. Très intéressant. La fleur avait un effet terrible, d'une beauté glaçante lorsqu'on voyait son action sur une personne vivante. La fleur de Gingold était là, quelque part. Larson sourit.  
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MessageSujet: Re: L'indien du coin, la fleur du bout du monde (PV Rachel)   Jeu 23 Avr - 16:51

Métropolis. C'est fou comme la ville avait l'air totalement différente de Gotham. J'étais venue suite à un soucis de livraison de fleurs. La commande n'avait pas été honorée et apparemment le problème ne pouvait pas être réglé par téléphone. A vrai dire, c'était ma toute première expérience de voyage sur cette planète, et j'en ressortais un peu malmenée. Tout ces gens qui s'entassaient au même endroit, attendant de prendre le train à la gare. La proximité des sièges, les conversations, les enfants turbulents et criards... Tout cela était nouveau pour moi.

A vrai dire, je n'avais pas vraiment apprécié, et j'avais dû rester concentrée pour ne pas laisser libre cours à la démone. Les deux heures et demi de voyage avaient été particulièrement longues, à essayer de maîtriser ma partie démoniaque. Je n'avais plus vraiment l'habitude de la brider autant. Ensuite, j'avais pris un taxi pour me rendre sur le lieu de mon rendez vous. Je pouvais payer en liquide, et je n'en manquais pas, et pour cause. Tout ce que je pouvais payer ainsi sans laisser de traces, je le faisais, cela écoulait une bonne partie de mes larcins sans éveiller le moindre soupçon.

Régler le problème ne me prit que quelques minutes, et je ressortis, désœuvrée pour le reste de la journée. Je n'avais pas réservé le retour pour le train, ne sachant pas combien de temps cela me prendrait et il n'y avait plus de voyage dans ce sens, pas avant le lendemain, en tout cas. Je passais à un hôtel louer une chambre, puis, je décidais de visiter un peu.

Instinctivement, je m'éloignais des beaux quartiers. J'avais eu droit aux protestation de la démone tout le long du voyage, alors, je n'avais plus envie de l'entendre encore crier au scandale devant le luxe étalé.

J'arrivais dans un coin qui me rappelait fortement mes débuts à Gotham. Délabré, la voirie non entretenue, et des individus louches qui traînaient. L'un d'eux m’interpella d'ailleurs.

«Hé, poupée! J'te connais pas! Tu fais quoi dans l'coin?»

Je laissais couler le poupée, pas la peine de s'énerver et d'attirer ses copains. Je répondis donc machinalement la première excuse qui me vint à l'esprit.

«Je cherche des fleurs.»

«Ha ouai, j'sais! L'indien là bas...» En me désignant une boutique.

Ca m'avait tout l'air d'être un genre d'épicerie de quartier, mais comme le gus me regardait, je me dirigeais lentement vers elle. Je rentrais en me disant que je faisais une erreur, quand j'entendis un client parler d'une fleur spéciale venue d'Inde. Alors, je m'approchais doucement pour entendre la suite de la conversation. Une fleur exotique? Pourquoi pas, si elle était jolie, elle pouvait tout à fait bien se vendre.
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MessageSujet: Re: L'indien du coin, la fleur du bout du monde (PV Rachel)   Ven 24 Avr - 19:30

La plupart des clients de la boutique, un magasin ouvert particulièrement aux heures de sieste, de repos et de congé légal et syndical des autres commerces plus propres-sur-eux, étaient des habitués et des banlieusards qui aimaient traîner là pour l'ambiance. Fraternelle et rude, cette ambiance s'épaississait souvent un un bloc lorsqu'un étranger à leur monde venait y faire des étincelles.

"J'ai vu leur dossier. Les symptômes sont évidents, en fait. L'équipe fait très bien son travail, mais voyez-vous, ces bons médecins de Metropolis ne viendraient pas se risquer ici pour vous prendre l'objet de l'affliction. Un objet si précieux et si dangereux qu'ils donneraient..."

Sven se coupa net. Il en avait trop dit ; les hommes avaient franchement cessé de l'écouter, laissant traîner ses propos en se moquant de ses airs. Mais quand il avait commencé à parler de valeur marchande, lorsqu'il avait failli se lancer sur le coût de la fleur, il sentit les regards darder le sien, comme pour boire ses paroles jusqu'à la dernière goutte, tel un intoxicant nectar. Il avait certes omis de préciser que les dossiers, il les avait volés à l'unité de diagnosticiens de l'hôpital ; mais cette pirouette ne lui avait pas épargné la prochaine embûche. Il était tombé dedans, comme un débutant. En effet, les arts de la persuasion lui restaient encore obscurs et il manquait de talent dans ce domaine intellectuel et social.

Il devait poursuivre. Il remarqua une jeune femme qui entra dans le commerce de proximité, elle semblait un peu perdue, mais aussi intéressée. C'était une personne discrète, Sven l'oublia presque aussitôt qu'il l'avait vue pour se focaliser sur son discours. Il avait remarqué que les autochtones étaient demeurés suspendus à ses lèvres et il devait donner suite à ses assertions. Il termina :

"... leur âme. Même les médecins de renom en charge de vos proches vendraient leur âme et celle de leurs patients pour pouvoir accéder à cette espèce spéciale vénéneuse."

Peut-être la peur pour leurs proches allait-elle les convaincre d'emprunter une autre voie que l'appât du gain. Rien n'était moins sûr, mais c'était dans les localités les plus sordides que les gens agissaient le plus comme un clan, une famille prête à renoncer à beaucoup de choses pour protéger ceux qu'ils côtoient au quotidien.

"La quarantaine et les soins spécifiques seront suffisants pour mettre les victimes sur un chemin de stabilisation. Ceux qui auront été trop exposés sont déjà condamnés, monsieur. Laissez-moi s'il-vous-plaît vous instruire en privé du folklore et des faits qui entourent la plante allergène, et en échange je ne demande que l'accès à cette étrange fleur des antipodes."

Il attendit la réaction, mais les types se contentèrent de parler dans une langue qui lui était inconnue, avant de barrer la porte avec une barre de fortune, laissant les deux-trois clients non-habitués enfermés dedans le temps. Un homme, ventru et large d'épaules, avec une barbiche brune en éventail, se tint en travers du comptoir tandis que trois autres, incluant le vendeur, se retirèrent dans le couloir mitoyen. Ils argumentèrent fort et intensément, et semblaient en difficulté de délibérer. Sven, ne disposant guère d'habiletés sociales pour gérer ce genre d'aventures, posa son regard sur celui de la jeune femme qui était entrée en dernière. Elle ne paraissait pas chercher un objet, ses yeux ne se posaient sur aucun article ou produit vendu dans le magasin. Elle était simplement... Présente. Il se demanda si c'était juste une personne très introvertie qui savait ce qu'elle cherchait et se fichait de quoi que ce soit, ou un individu encore plus bizarre que lui-même.  
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MessageSujet: Re: L'indien du coin, la fleur du bout du monde (PV Rachel)   Sam 25 Avr - 10:47

L'homme me jeta un coup d’œil quand j'entrais, puis m'ignora. Comme beaucoup de monde. C'était parfais pour moi. Dans la vie de tous les jours, je préférai passer inaperçu. C'était plus facile pour observer, étudier, apprendre. Et quelqu'un qui vous remarque peut très bien se souvenir de vous... Et je n'en avais pas spécialement envie avec mes activités illégales nocturne. Souvent Rachel passait... en éclaireuse, oui, je pouvais dire ça, avant Raven. Quelqu'un qui pourrait finir par faire le rapprochement deviendrait... gênant.

Bref, je me tenais derrière l'homme, un peu en retrait pour ne pas entrer dans son champ de vision et aussi pour ne pas faire croire que je le connaissais ou que j'étais avec lui à la personne avec qui il parlait. Et j'écoutais la suite.

Et zut! C'était une fleur dangereuse qu'il recherchait, d'après ce que je comprenais de la suite de son discours. Pas le genre à être mise en vente. Et pourquoi pas, demanda la démone? Ferme la et ne fait pas l'imbécile, rétorqua l'humaine. Je n'allais pas commencer à vendre des fleurs toxiques. Trop facile de remonter à la boutique, surtout si c'était une plante exotique. Je serais alors surement la seule à en vendre, et je n'avais pas envie de me retrouver avec un casier judiciaire. Et puis, je m'étais, en quelque sorte, promis de ne jamais tuer quelqu'un, et je comptais bien m'y tenir, autant que faire se peut.

Quel crétin! Niveau négociations, il était plutôt nul. Il ne fallait jamais aborder la question du prix dès le début! Bon sang! Evidemment, maintenant, les personnes pouvaient devenir gourmandes, et à ses habits, je me disais qu'il n'avait sans doute pas tant que ça les moyens de payer une fleur aussi rare. Il essaya de se rattraper en mettant en avant la dangerosité de la plante, mais j'avais l'impression que le mal était fait.

J'hésitais. Devais je l'aider? En même temps, j'étais coincée là avec lui jusqu'à temps que les hommes, parlant dans une langue qui m'était inconnue, se décident à nous rouvrir. Et j'avais l'impression que cela ne serait fait que quand un accord serait trouvé. Ca aurait été des flics, j'aurais dit que c'était un guet append, mais là. Non, ce n'était que des civils et j'avais joué de malchance. Alors, autant sortir de là au plus vite. Je me rapprochais du gars pour pouvoir lui parler en aparté.

"Bonjour. On ne peut pas dire que vous soyez très doué au niveau des négociations."

Puis désignant discrètement les autres individus qui continuaient à discuter âprement, je poursuivais.

"Vous avez prévu de faire quoi, s'ils décident que c'est plus intéressant de vous détroussez?

Bon, la seule chose qu'il reste à faire, c'est d'insister sur le danger que la fleur représente, quitte à en rajouter.
"

En même temps, j'étais intéressée par la voir, cette fameuse plante! Etait elle aussi belle que dangereuse, ou bien insignifiante? Sans doute ma curiosité me perdrait un jour, mais je ne pouvais pas m'en empêcher.
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MessageSujet: Re: L'indien du coin, la fleur du bout du monde (PV Rachel)   Lun 27 Avr - 10:54

La demoiselle discrète de l'instant précédent s'adressa à Sven, elle semblait plutôt disposée à le conseiller, sans pour autant en faire assez pour être remarquée des types qui tenaient la boutique. Le contribuable de Stockholm haussa un sourcil, amusé.

"Me détrousser ? Mais qui a dit que je venais les poches pleines... Mademoiselle, quand on n'a pas les acquis pour s'en sortir, on procède simplement par essai et erreur. Par exemple..."

Il sortit un briquet et de l'essence à zippo, dont il enduit se veste tout en l'ôtant de sa personne. Puis une étincelle, la flamme gagna le vêtement qui s'enflamma rapidement. Le gros guet fut extrêmement surpris, mais apparemment il finit par en ricaner. Si cet étranger voulait brûler ses habits pour prouver un point, il ne parlait franchement pas la même langue qu'eux, et c'en était tout. Mais le biologiste profita du moment de doute pour accéder à la source de ses capacités surhumaines.

Sven se concentra un moment. Il ferma les yeux, et devant lui dans son esprit, s'ouvrit un immense chaos rouge et chaud, et en même temps il le regardait à travers un prisme froid comme la science, dur comme la logique. Une foultitude d'espèces se bousculaient dans la librairie d'ADN de la planète, des êtres vivants, leurs ancêtres ainsi que les chaînons manquants et les quelques rares impasses de la chaîne évolutive qui n'avaient été balayées du sang de notre Terre. Un spectre des possibles qui faisait se côtoyer tous les enfants de notre mère nature, quadrupèdes, gastéropodes, aviaires, tous. Intuitivement depuis l'accident, Sven pouvait battre ces possibilités comme on le ferait pour un jeu de cartes, et en tirer la clé pour s'en sortir à travers une situation. Frères et sœurs d'animalité, les plus proches qu'il avait d'un environnement familier, et pourtant ; à travers la glace froide de son lien avec la bestialité, il ne pouvait que puiser en eux sans jamais en être compris. Les bêtes étaient comme les hommes, une arme à manier, pour quelqu'un qui, dans le cas de Larson, ne comprenait la façon de faire ni des uns ni des autres, mais avait tout l'arsenal génétique de la planète à la portée d'une pensée.

Après la durée d'un battement de paupières, l’œil du scientifique prit une lueur entre le brun et l'or, analogue au caramel. Les émanations de carcinogène et la puanteur d'essence enflammée le révulsa soudainement. Sa perception se transformait, radicalement. Il lâcha entre ses dents, la visage baissé :

"Un chien de garde... Saviez-vous que les chiens sont les plus à même de comprendre les réactions des personnes ? Leur double héritage de vie en meute et de domesticité leur donne une excellente sensibilité au fonctionnement de l'homme par rapport aux autres. Nos intentions, nos sentiments, nos désirs. Ils perçoivent tout, mais sont-ils capables de pensée ? Voilà ce qui les différencie de moi."

Un monde de sensations, bien différent de la froide expérience de l'immersion dans le champ morphogénétique, s'ouvrait à lui sans paraître devoir arrêter son expansion. C'était comme être au coeur du Big Bang durant les premières fractions de secondes du temps et de l'espace. C'était grisant et envahissant. C'était rabaissant, il se sentait moins qu'humain, mais c'était transcendant, les secrets de son environnement immédiat se révélaient à lui ; le parfum âcre de chaque marque de cigarettes, le poids de l'air chargé de pression, de charge statique et d'humidité.

C'était son premier emprunt de propriétés animales de toute la journée, de la semaine entière, même. Puiser dans cette source de pouvoirs n'était ni un besoin, ni un plaisir en soi, simplement une possibilité qu'il avait et nulle raison de s'en servir sans que l'utilité s'en fasse sentir. Sven n'éprouvait qu'une reconnaissance modérée envers le sort de lui avoir donné cette capacité, comme il ne croyait pas au destin ni à quelque entité théologique ; c'était simplement un outil de plus pour affronter la vie, une vie qui défilait au fur et à mesure de son existence. La sensation due à l'adrénaline et à l'afflux d'informations sensorielles n'avait aucun rapport avec un enthousiasme à se servir de son pouvoir, et il demeurait terriblement et infatigablement stoïque.

Guère puissant physiquement, désormais il était néanmoins équipé de ses sensations exacerbées ; empathie, déchiffrement du langage corporel, ouïe entraînée. Lorsque Sven se vit avancer vers le costaud qui séparait la boutique de l'arrière-boutique où parlementaient les trois gusses, il se demanda si sa conduite était bien sage. Evidemment, elle ne l'était pas, mais la logique lui dictait qu'il était capable de neutraliser les coups du malabar. Alors, oui, il marcha dans la direction du bonhomme qui, distrait un instant par le déclenchement de l'alarme à incendie réglementaire, perdit l'avantage de sa vigilance. Le Suédois lui donna alors un coup de la plante de son pied dans la cheville opposée à l'angle de son cou, puis abattit son poing entre la nuque et la gorge de l'individu. Il avait donné ces coups sans grâce ni technique, faisant simplement ce qui lui paraissait la chose sensible à faire.

Le temps que les autres réagissent, le gros type se prenait un coup de poing entre les côtés et la hanche, puis un autre dans le creux des reins. Sa colonne accusa le choc et en un instant, s'affaissa jusqu'au sol lorsque Larson conclut par un coup de son poignet sur son occiput.

Il avait mal employé l'arme qu'est son corps, lui l'homme sans entraînement au combat physique, le rat de laboratoire. Son poignet était probablement brisé, ou au moins quelque chose n'allait pas. Mais pour une fois, son cerveau brillant n'avait pas le temps ou la motivation d'analyser ce qui s'était passé dans ce nœud articulatoire. Le colosse à barbichette était étalé au sol, et les trois autres le fixaient avec un air horrifié, qui une lame, qui une crosse d'arme à feu blanchissant les phalanges de leurs poings fermés.

"Vous voyez ? La fleur n'est pas le plus grand danger, dans l'immédiat. Et encore, vous ne m'aimeriez pas si je commençais à m'énerver."

Il sentait l'odeur de leur sueur sur sa langue, la couleur de leur angoisse dans son sang. Les capacités sensorielles du canin familier étaient une véritable mine de renseignements, quoique Lars ne sût pas tant que ça quoi faire de toutes ces données. Mais organiser l'information était la base du métier de chercheur en sciences, alors un rien de temps suffirait à y remédier. Seulement... Le temps commençait à manquer. Il sentait en lui le pouvoir étirer son effet, les cellules animales se rétracter une à une. Il devrait puiser dans une autre spécificité du vivant, ou bien le pouvoir cesserait tout bonnement d'affluer. Dans tous les cas, renoncer à la multi-perception du chien domestique. Le loup ? Trop proche... Une tortue ? Efficace en défense, mais trop lente. Le tatou. Lentement, l'ADN canin fut siphonné de son organisme, un court éclair rouge traversa sous ses paupières, puis il sentit la peau sous ses vêtements se durcir, former des plaques et prendre en rugosité. Pourrait-il prendre une balle, un coup de couteau, sans dégâts internes, il l'ignorait, mais il se devait d'en prendre le pari.

Il se retint de faire un commentaire sarcastique à l'encontre de la jeune femme, mais ne put contenir un regard enfantin dans sa direction. Il avait eu envie de l'impressionner, avoir un public était une nouveauté, une chose intéressante. Gare, à l'avenir, à ce que cela n'affecte pas son jugement, à lui l'homme d'entre les mailles du filet, celui qui avait réussi dans sa branche sans se rendre franchement remarquable, celui qui était devenu un bestiaire humain sans toutefois se retrouver sur aucune liste à ce jour des individus dangereux ou recherchés.
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MessageSujet: Re: L'indien du coin, la fleur du bout du monde (PV Rachel)   Mar 28 Avr - 10:41

Mais qu'est ce qui lui prenait? Je me demandais s'il ne devenait pas fou, ou alors, s'il ne l'était pas déjà dès le départ. L'homme, sortant un briquet de sa poche, mit le feu à son vêtement. Je ne savais pas ce qu'il cherchait à faire, mais en tout cas, si c'était pour impressionner les gus qui avaient barrer la boutique, c'était complètement raté. Le gars le plus proche de lui se permit même un ricanement.

Ce n'était pas non plus la chose à faire, apparemment. Je ne savais pas si c'est ça qui énerva le type, mais, après quelques minutes de battement où il resta sans rien faire, il attaqua le mec qui avait rit. C'est sur que rire n'était plus dans ses priorités, ensuite, trop occupé à tenir son poignet certainement brisé vu les cris de douleur. L'homme à la recherche de la plante avait frappé fort et son premier adversaire avait fini à terre.

L'alarme incendie finit par se déclencher. Bonjour la discrétion! D'ici quelques temps, les pompiers finiraient bien par débarquer, sans doute accompagner des flics, vu le quartier. Je ne savais vraiment pas à quoi ce type jouait, mais sans jeu de mot, il jouait avec le feu. J'avais l'impression qu'il faisait ça au petit bonheur la chance, sans planification. Je soupirais. Je n'avais pas tellement envie de me faire remarquer, même dans une ville que je ne fréquentais pas habituellement.

J'étais en train de me dire que j'allais devoir tout faire quand le botaniste subit un gros changement visible. Il n'était plus vraiment humain. Je ne savais pas ce qui lui arrivait, mais je voyais son aspect physique changer à tout allure. Encore un alien? C'est ce que je pensais. Pour moi, les humains n'avaient pas de pouvoirs. Décidément, c'était mon deuxième en peu de temps. Et, cette fois ci, j'étais tombée sur un extraterrestre fan de fleur...

Bon, finalement, j'allais peut être devoir faire la partie des négociations. Ca ne devrait pas être très dur. La démone était déjà furax, et ne restait plus qu'à énerver l'humaine en moi. Je tentais de transformer son agacement en colère. Cela marcha, mais je devais faire vite car je savais que c'était un énervement factice et que ça ne durerait pas. Je profitais de mes yeux rouges pour regarder dans les yeux le premier indiens qui me tomba sous la main.

"La fleur"

Le pauvre gars fit un signe contre le mauvais œil tout en me désignant une porte derrière le comptoir.

"Là, là!" Dit il, paniqué.

J'essais la porte. Fermée, bien évidemment. Je profitais que l'homme à la recherche de la plante s'avançait vers les autres gars sans s'occuper de moi, enfin, je le supposais, pour me téléporter derrière la porte et l'ouvrir. C'était facile une fois que les verrous étaient accessibles.

"Hé! Par ici! Appelais je. J'espère que vous avez un sac pour enfermer cette plante hermétiquement, si elle est si dangereuse que vous le dite."

Nous parlerions sans doute après, mais là, je trouvais que nous devions nous dépêcher, avant l'arrivée des divers brigades. Elles ne feraient pas de zèle, vu le quartier, mais finiraient bien par venir tout de même.

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